
Budapest a vécu des moments historiques dans l’univers du droit sportif
Au bord du majestueux Danube, au cœur du somptueux hôtel Kempinski, la capitale hongroise s’est transformée les 19 et 20 février derniers en centre mondial du droit du football. Elle a accueilli la sixième édition du Football Law Annual Review – l’événement qui a réuni l’élite des esprits juridiques du sport pour débattre des transformations radicales que connaît le jeu le plus populaire au monde.
Ce n’était pas une simple conférence juridique conventionnelle, mais bien un moment charnière dans l’histoire du droit sportif international.
Pourquoi cette édition était-elle exceptionnelle ?
Depuis son lancement en 2019, la FIFA organise cette revue annuelle du droit du football, mais la dernière édition budapestoise portait une marque particulière. Elle faisait suite à une année riche en changements réglementaires majeurs et en arrêts jurisprudentiels marquants de la FIFA, du Tribunal arbitral du sport (TAS) et de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), ce qui a fait de la FLAR 2026 une étape historique incontournable pour tous les acteurs du domaine juridique sportif.
Emilio García Silvero, directeur juridique et de la conformité de la FIFA, a ouvert l’événement en affirmant : « Un cadre juridique fort et évolutif est essentiel pour aider la FIFA et l’ensemble de la communauté footballistique à relever les défis persistants et nouveaux. » Ces mots ont acquis leur pleine signification au terme des deux jours intenses.
Jour 1 : 19 février – Quand le droit a ébranlé le trône du football
13h00 – Ouverture officielle
Les festivités ont débuté par un discours d’ouverture de Mme le Dr. Timea Hoszné Nagy, membre du comité exécutif de la Fédération hongroise de football, aux côtés d’Emilio García Silvero, posant ainsi les bases de deux jours de discussions intenses dans les salons de l’hôtel de luxe.
13h45 – L’affaire Seraing : un séisme frappe le système TAS
Le programme des sessions fondamentales a débuté avec Massimo Coccia, associé senior du cabinet Coccia De Angelis en Italie, qui a décortiqué devant un auditoire conquis l’arrêt de la Cour de justice de l’UE dans l’affaire Seraing et ses implications pratiques sur le système d’arbitrage sportif en Europe. La question centrale qu’il a soulevée : un seul arrêt judiciaire peut-il reshaper l’avenir de l’arbitrage sportif dans toute l’Union européenne ? La réponse s’est avérée plus complexe que ce que beaucoup avaient anticipé.
14h45 – Le RSTP après l’arrêt Diarra : de nouvelles règles du jeu
Erika Montemor Ferreira, cheffe du contentieux et des applications réglementaires à la FIFA, a pris la parole pour clarifier comment l’arrêt Diarra a changé les règles de la FIFA sur le statut et le transfert des joueurs. Les transferts de joueurs, qui n’étaient autrefois que de simples négociations entre clubs, sont devenus un champ de bataille juridique complexe exigeant une révision de nombreux concepts traditionnels.
16h15 – Dopage : des leçons du terrain
Juan de Dios Crespo, d’Espagne, a partagé son expertise précieuse en matière de procédures antidopage, passant en revue les décisions récentes et les leçons pratiques dont les avocats ont bénéficié au cours de l’année écoulée.
17h15 – Transfert international de mineurs : une ligne rouge
Agustín Montes de Oca, de la FIFA, a abordé une question particulièrement sensible : le transfert international de joueurs mineurs, avec une présentation détaillée des cas les plus récents et des décisions rendues dans ce domaine vital.
18h30 – Les principales affaires football du TAS en 2025
La première journée s’est conclue par une session exceptionnelle animée par Miguel Lietard et Luis Villas-Boas Pires, de la FIFA, qui ont passé en revue les affaires footballistiques les plus marquantes examinées par le Tribunal arbitral du sport au cours de l’année, dans une session où la profondeur juridique se mêlait à l’analyse pratique.
Jour 2 : 20 février – De la théorie à la pratique
13h00 – Accueil spécial
Attila Berzeviczi, président du conseil d’administration du Ferencvárosi TC, a ouvert la deuxième journée par un mot de bienvenue reflétant l’hospitalité hongroise authentique.
13h15 – Transferts vers et depuis l’Amérique du Sud : des pièges attendaient
L’Argentin Ariel Reck, avocat sportif renommé, a livré des conseils pratiques précieux pour éviter les gros problèmes lors des transferts de joueurs vers et depuis l’Amérique du Sud. Le marché latino-américain, riche en talents exceptionnels, était également semé d’embûches juridiques que l’orateur a révélées.
14h15 – Réussir un transfert : secrets d’intérieur
Lina Souloukou, directrice générale de Nottingham Forest, a ouvert ses coffres aux secrets pour livrer des leçons pratiques du point de vue d’un club. Comment mener à bien un transfert de joueurs dans un monde marqué par une complexité juridique croissante ? La réponse résidait dans les détails minutieux qu’elle a partagés avec l’assistance.
15h45 – Succession sportive : la continuité des clubs
Le Suisse Michele Bernasconi, associé du cabinet Baer & Karrer, a traité des règles de la FIFA et de la jurisprudence du TAS concernant la succession sportive dans le football – un sujet vital pour la pérennité de l’identité sportive des clubs face aux défis financiers et administratifs.
16h45 – Le Tribunal fédéral suisse : le gardien ultime
Despina Mavromati, arbitre au TAS, a passé en revue les récentes décisions du Tribunal fédéral suisse concernant les sentences du TAS, clarifiant les limites de l’appel et du contrôle juridictionnel dans le système d’arbitrage sportif international.
17h30 – L’OMC et le football : une nouvelle intersection
La FLAR 2026 s’est conclue par une table ronde unique rassemblant une élite d’experts :
- Miguel Cardenal Carro, professeur de droit et arbitre au TAS
- Monserrat Jiménez, secrétaire générale adjointe et directrice juridique de la CONMEBOL
- Andrew Mercer, conseiller général de l’AFC
- William McAuliffe, chef du service disciplinaire de l’UEFA
- Wouter Lambrecht, conseiller général de l’ECA
- Lucas Ferrer, associé chez Statim Legal
- Andrés Patón, directeur juridique de l’AFA
Le sujet : l’OMC (Organisation mondiale du commerce) et le football en 2026 – chiffres et jurisprudence récente du TAS. Les règles du commerce international peuvent-elles influencer la gestion du football ? Le débat a été houleux et les conclusions profondes.
Vous avez manqué l’événement ? Le contenu est toujours disponible !
Pour ceux qui n’ont pas pu se rendre à Budapest, la FIFA a proposé une diffusion en direct gratuite sur le site legal.fifa.com, et le contenu reste accessible pour consultation. L’événement a connu une participation large d’acteurs du monde entier, que ce soit en présentiel ou via la diffusion numérique.
Principales conclusions : qu’est-ce qui a changé après Budapest ?
- Révision du système TAS : l’arrêt Seraing a ouvert le débat sur l’avenir de l’arbitrage sportif en Europe
- Modifications du RSTP : l’arrêt Diarra impose une révision complète des règles de transfert de joueurs
- Renforcement de la protection des mineurs : des procédures plus strictes pour les transferts internationaux
- Intersection du droit international : une nouvelle relation entre l’OMC et le football
- Nouvelle professionnalisation : le besoin croissant d’experts juridiques dans les clubs et fédérations
Conclusion
Le Football Law Annual Review 2026 à Budapest a représenté un moment charnière pour tous les acteurs du droit du football. Juristes de fédérations, conseillers de clubs, agents de joueurs et chercheurs en droit sportif s’y sont réunis pour échanger des expertises et débattre des défis juridiques actuels du football mondial.
Budapest, février 2026 – l’étape qui a déterminé les contours du droit sportif pour les années à venir !
Pour consulter les enregistrements des sessions et les informations complètes : rendez-vous sur legal.fifa.com



