
Le secourisme ne se limite pas à des soins de fortune ; il s’agit d’un ensemble de gestes pratiques et précis visant à sauvegarder la vie d’une victime, à éviter l’aggravation de son état et à préparer son transfert vers un milieu hospitalier.
Au cœur de cette discipline se trouve un protocole universel indispensable : la méthode PAS (Protéger, Alerter, Secourir), qui structure chaque seconde de l’intervention d’urgence.
Protéger pour Éviter le Suraccident
La protection est la première étape cruciale. Avant toute action, le sauveteur doit garder son calme pour analyser la situation et s’assurer que le danger ne persiste pas.
Assurer la sécurité de la zone
L’objectif est d’écarter ou de supprimer tout danger immédiat pour éviter un « suraccident » qui pourrait toucher le sauveteur, les témoins ou à nouveau la victime. Cela implique de ne jamais surestimer ses propres capacités physiques.
Le dégagement d’urgence
Le dégagement d’une victime n’est autorisé que si celle-ci est exposée à un danger réel, immédiat et inévitable. Les sources précisent des techniques spécifiques pour déplacer une personne en toute sécurité :
- La traction par les chevilles : Saisir les chevilles de la victime, les monter à hauteur des genoux du sauveteur et tirer dans l’axe du corps jusqu’à un lieu sûr.
- La saisie par les poignets : S’accroupir derrière la tête de la victime, redresser son tronc, passer les bras sous ses aisselles pour saisir ses poignets opposés, puis reculer pour l’entraîner hors de la zone de danger.
Alerter pour Activer la Chaîne de Survie
Une fois la zone sécurisée et la victime examinée, l’alerte doit être donnée de manière efficace et structurée pour ne pas perdre de temps précieux.
L’examen rapide (Étape intermédiaire E)
Avant d’appeler, le sauveteur doit évaluer quatre points clés chez la victime : la conscience, la respiration, la présence du pouls et l’existence de saignements importants.
Contacter les services d’urgence
Les numéros d’urgence varient d’un pays à l’autre, il est donc essentiel de connaître à l’avance les numéros locaux de votre pays.
Que dire lors de l’appel ?
- L’emplacement précis de l’incident
- La nature de l’accident
- Le nombre de victimes
- Leur état de santé
- Les dangers éventuels
- Les premiers secours déjà prodigués
Les numéros d’urgence au Maroc
Les sources listent les contacts essentiels pour une intervention rapide :
- Police : 190
- Pompiers et Ambulances : 150
- Gendarmerie Royale : 177
- Centre Antipoison : 05 37 68 64 64
Le contenu du message d’alerte
L’appel doit être précis et inclure : l’identité de l’appelant, le lieu exact (ville, rue, repères), le type d’accident, le nombre et l’état des victimes, les dangers éventuels persistants et les premiers soins déjà prodigués.
Secourir et Surveiller
En attendant les secours professionnels, le sauveteur doit pratiquer les gestes élémentaires de survie adaptés à l’état de la victime.
La victime est inconsciente mais respire
Dans ce cas, la priorité est de maintenir les voies aériennes libres en plaçant la victime en Position Latérale de Sécurité (PLS).
- Technique : Allonger le bras du côté du retournement, saisir l’épaule et la hanche opposées, faire pivoter le corps en bloc, fléchir la jambe du dessus pour stabiliser et basculer doucement la tête en arrière pour ouvrir la bouche.
L’arrêt respiratoire et cardiaque
Si la victime ne respire plus, la ventilation artificielle est nécessaire.
- Bouche-à-bouche : Maintenir le menton vers le haut, pincer le nez et insuffler progressivement de l’air (12 à 15 fois par minute pour un adulte).
- Cas du nourrisson : On pratique le bouche-à-bouche et nez avec une fréquence plus élevée (25 à 30 fois par minute).
- Arrêt cardiaque : Il faut coupler la ventilation au massage cardiaque externe (rythme de 30 compressions pour 2 insufflations).
Gestes Spécifiques : Obstructions et Hémorragies
Obstruction des voies aériennes
Lorsqu’un corps étranger empêche la respiration, des manœuvres de désobstruction s’imposent :
- Claques dans le dos : 5 claques sèches entre les omoplates.
- Méthode de Heimlich : Pour une victime consciente, se placer derrière elle et effectuer des compressions abdominales sèches vers soi et vers le haut. Si la victime est inconsciente, la manœuvre se fait en position couchée.
Gestion des hémorragies
Une hémorragie artérielle, où le sang rouge vif gicle par saccades, est une urgence vitale car la perte d’un litre de sang sur les cinq que possède un adulte met sa vie en danger.
- Action immédiate : Allonger la victime, surélever ses jambes et effectuer une compression directe sur la plaie avec un linge propre.
- Points de compression : Si la compression directe est impossible, utiliser les points de pression (pli de l’aine pour la cuisse, face interne du bras pour le coude, etc.).
Traumatismes et Blessures Sportives
Les sources fournissent également un protocole pour les lésions courantes, notamment en milieu sportif :
- Crampes : Stretching doux pendant une minute et réhydratation.
- Entorses et Luxations : Application de froid, stabilisation et avis médical. Attention : ne jamais tenter de remettre une luxation en place sur le terrain.
- Fractures : Stabilisation immédiate et transfert à l’hôpital.
Conclusion
Maîtriser le protocole PAS et les gestes élémentaires de survie est une responsabilité citoyenne qui permet de transformer un simple témoin en un maillon actif de la chaîne de secours.
La rapidité de la protection, la précision de l’alerte et la justesse des premiers soins sont les garants d’une meilleure prise en charge médicale ultérieure.
FAQ du Secourisme
Quelle est la règle d’or concernant l’alimentation d’une victime ?
Il ne faut jamais donner à boire, à manger ou à fumer à une victime, car cela peut aggraver son état ou compliquer une future intervention chirurgicale.
Pourquoi l’hémorragie artérielle est-elle la plus dangereuse ?
Parce que le sang s’échappe très rapidement sous pression (en saccades), et une perte d’un seul litre peut suffire à mettre la vie d’un adulte en danger immédiat.
Que faire si les insufflations ne font pas monter la poitrine de la victime ?
Cela indique une obstruction des voies aériennes. Il faut alors pratiquer les manœuvres de désobstruction (claques dans le dos ou compressions abdominales) et vérifier la bouche.
Peut-on déplacer une victime de fracture sur le terrain ?
Il faut d’abord stabiliser le membre atteint. Pour une luxation ou une fracture grave, un avis médical et un transfert hospitalier sont indispensables ; il ne faut jamais manipuler brusquement la lésion.
Lisez plus : Traumatologie du Sport.



